Ne dit-on pas : Quand le ventre va bien, tout va bien.
Ce n’est un secret pour personne : un bon équilibre de notre flore intestinale est essentiel à notre santé globale, tant physique que psychique. C’est par le ventre que nous assimilons, digérons, et donnons la vie. Selon la médecine chinoise, notre ventre est considéré comme l’épicentre de l’être, son centre de gravité. Le « tan tien », situé sous le nombril, au cœur de l’abdomen, constitue le berceau de notre énergie vitale. La totalité du tissu nerveux intestinal est en communication permanente avec le cerveau par l’intermédiaire d’un nerf, appelé le nerf vague.
Ce système entérique contient plus de 200 millions de neurones et de nombreux neurotransmetteurs, dont la sérotonine qui participe à la gestion de nos émotions. Présente dans le cerveau, mais aussi dans l’intestin : ce dernier en produirait 95 %.
Des expressions comme J’ai des papillons au ventre, quand on est amoureux, ou J’ai des nœuds au ventre, lors d’un stress, montrent qu’il est bien davantage qu’un tube à digérer des aliments…
Nous prenons des décisions qui nous semblent parfois tellement viscérales : on ne peut agir autrement, c’est là, au creux de notre ventre.
Une cohabitation harmonieuse
La vie humaine est dépendante des bactéries et nous cohabitons en parfaite harmonie avec elles.
Il est impressionnant d’observer que notre organisme est constitué de 10 000 milliards de cellules, alors que notre microbiote, écosystème organisé, abrite plus de 100 000 milliards de bactéries et génère 30 % de nos calories.
Nous portons en moyenne 1 à 2 kilos de 500 bactéries d’espèces différentes, pour la plupart localisées dans notre colon. On leur offre gîte et couvert et, en échange, elles convertissent nos aliments en énergie.
Une flore intestinale équilibrée permet à l’organisme de digérer et d’absorber les nutriments qui lui sont indispensables, de participer à la production de certaines vitamines comme la vitamine K, des vitamines du groupe B, d’éliminer les toxines et de se défendre contre les agressions extérieures.
Certaines se fixent sur la paroi intestinale, empêchant ainsi les bactéries pathogènes de s’installer, d’autres sécrètent des substances bactéricides, un peu comme un antibiotique, détruisant les espèces susceptibles de nous nuire. Ainsi, elles préservent leur territoire et restent dominantes.
Bon à savoir
Il a été démontré qu’avec une flore intestinale équilibrée, il fallait un million de bactéries de la salmonelle pour que se déclare la maladie, et seulement 10, avec une flore perturbée !
Une muqueuse intestinale semi-perméable
Elle peut ainsi absorber les nutriments et faire barrage aux toxines éventuelles.
Faite de jonctions serrées qui s’ouvrent et se referment afin de laisser passer de petites particules comme les vitamines, elle ressemble à une petite brosse, constituée de villosités. En revanche, les grosses particules comme les protéines ne passent pas avant d’avoir été digérées.
Lorsque cette membrane est altérée, elle devient lisse et poreuse. On parle de leakygut syndrom, littéralement « syndrome de l’intestin qui fuit », laissant passer des substances indésirables dans l’organisme, ce qui peut provoquer des troubles comme la dépression ou des déficiences immunitaires.
Le système immunitaire est suractivité entraînant inflammation chronique, allergies, voire maladies auto-immunes.
Le corps tente d’abord d’évacuer « les intrus » (boutons, diarrhées).
S’il échoue, l’organisme s’encrasse et n’assimile plus les nutriments bénéfiques. Surviennent alors douleurs articulaires et musculaires, migraines, infections ORL chroniques, intolérances alimentaires, maladies inflammatoires et auto-immunes.
Nos intestins, garants de notre système immunitaire
Avec leur surface de 300 m², ils en sont responsables à 80 %. C’est l’une des trois barrières naturelles face aux micro-organismes pathogènes. La peau (2 m²), et les muqueuses respiratoires (80 m²) sont les deux autres surfaces de contact.
Les bactéries bénéfiques activent des lymphocytes, des globules blancs. Ceux-ci vont produire des immunoglobulines A, appelés les IgA sécrétoires, une substance dont le rôle est de protéger nos muqueuses (respiratoires, digestives, vaginales…) en détruisant les corps étrangers (virus, parasites, bactéries…).
Une flore intestinale déséquilibrée réduit l’activation des lymphocytes, ce qui entraîne une diminution de la production des IgA sécrétoires, laquelle aura pour conséquence une protection moindre de l’intestin.
On constate également une baisse d’efficacité de la part des neutrophiles, ces globules blancs qui nous défendent en ingérant les envahisseurs, une autre manière de nous protéger. On parle alors de « phagocytose ».
Une flore intestinale perturbée peut également engendrer un déséquilibre au sein des globules blancs de la famille des lymphocytes T (Th1, Th2, Th17).
Bon à savoir
La vitamine D est indispensable pour notre système immunitaire car elle participe à cette régulation des lymphocytes T.
Pensons à nous complémenter tout au long de l’année et à bénéficier des rayons du soleil.
ATTENTION : Privilégions le soleil doux du matin et du soir, qui répare le collagène, alors que celui du midi, en plein été, le détruit.
Une hyperactivité des Th2 peut induire le rhume des foins, des allergies, de l’eczéma, de l’asthme, de la fatigue chronique…
Les Th17 sont particulièrement virulents dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn.
Outre la fonction régulatrice de la vitamine D, il existe un type de lymphocytes, appelés « lymphocytes régulateurs », les TREG, dont la fonction est de réguler ce système immunitaire, comme leur nom l’indique, et de supprimer l’inflammation intestinale. Malheureusement, ils sont souvent déficients à cause des métaux lourds ou d’une prolifération excessive du Candida albicans, une levure naturellement présente en petite quantité dans l’organisme.
Comment préserver un microbiote sain
Éviter les principaux agresseurs du microbiote
Le stress, l’alcool, les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les métaux lourds, un déficit en IgA ainsi que les antiacides peuvent perturber l’équilibre intestinal. Une attention particulière doit être portée à l’usage prolongé d’antiacides : en réduisant l’acidité gastrique (hypochlorhydrie), ils altèrent la digestion des protéines, engendrant des carences en vitamine B12, en fer, en zinc et en magnésium et favorisant une flore de putréfaction.
Il est également conseillé de consommer avec modération les graisses animales saturées, connues pour leur potentiel pro-inflammatoire, d’être vigilants face aux additifs alimentaires (notamment certaines levures modifiées), ainsi qu’à l’excès de glucides et de sucres raffinés, qui favorisent le développement de levures comme le candida.
Quant au gluten actuel, irritant la paroi intestinale, privilégions les céréales sans gluten telles que le millet, le riz, ainsi que le sarrasin, le quinoa ou l’amarante.
Adopter une alimentation vivante, peu transformée et anti-inflammatoire
Privilégions les bonnes graisses (comme l’huile d’olive et les oméga-3), ainsi que les aliments riches en antioxydants tels que le curcuma, le gingembre, et une grande variété de fruits et légumes soigneusement lavés (attention aux parasites !), pour leur qualité alcalinisante et leur teneur en fibres, et polyphénols.
Manger sans excès dans un environnement calme, et bien mastiquer. Prendre un repas léger le soir, bouger, respirer, gérer nos émotions sont autant de conseils essentiels pour une bonne santé globale.
En résumé
Ballonnements, constipation, troubles digestifs (candidose, SIBO, parasitose), cystites récurrentes, fatigue, inflammation chronique ORL, douleurs articulaires, rhumes à répétition, prise de poids, migraines, allergies, brûlures d’estomac, dépression : autant de maux qui peuvent être soulagés en rééquilibrant notre flore intestinale.
Grâce à un protocole personnalisé — combinant une alimentation adaptée et des compléments ciblés (soutien du foie, action sur les biofilms pathogènes, etc.) — et en tenant compte du terrain propre à chacun, il est possible d’éliminer les « intrus » : parasites, bactéries pathogènes liées à la putréfaction ou à la fermentation, Candida albicans et autres levures.
Une flore rétablie est une santé assurée !

Naturopathe, conseillère en nutrition et hygiène vitale.
Auteure de Soyez acteur de votre santé et Hildegarde de Bingen, renouer avec la loi du vivant aux Éditions Racine.
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