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Tout accueillir mais ne s’attarder sur rien

Les amis, je voudrais aborder avec vous un point qui me semble important : la nécessité de ne pas s’attarder sur quoi que ce soit qui se présente à nous, et tout particulièrement en ce qui concerne nos zones d’ombre.

En effet, il est très courant, et c’est facile à comprendre, que nous ayons tendance à nous attarder sur ce qui « nous » pose problème ou question.

Nous ? l’ego, bien entendu, ou si vous préférez, l’individu ou le personnage pour lequel on se prend.

Donc ce « nous » à qui ça pose problème ou question de traverser des zones douloureuses, des tempêtes, des orages, mais aussi de sublimes expériences, c’est celui que nous sommes de manière éphémère, transitoire… et qui de surcroît, lorsqu’on s’autorise à l’explorer en profondeur, se révèle imaginaire pour ne pas dire illusoire !

Et pourtant, nous sommes bel et bien convaincus d’être ce « moi », cet individu balloté par des expériences dont la plupart ne sont ni choisies ni voulues.

Toute démarche spirituelle authentique, me semble-t-il, implique cependant de mettre en question cette conviction d’être cet individu doté d’une apparence, d’une histoire, d’un état-civil…

Mais comment mettre en question la réalité de cet individu pour lequel je me prends si je réagis constamment aux situations, aux pensées, aux sensations, aux émotions, aux sentiments ?

La maturité, qui n’a rien à voir avec l’âge ni avec la quantité d’expériences ou de connaissances, nous conduit inexorablement à réaliser qu’il nous faut prendre de la hauteur, ou du recul.

L’un des pièges, c’est qu’en raison de notre conditionnement actuel, nous soyons tenté d’aller chercher une réponse auprès d’un expert (psy, guru, coach, j’en passe).

Si nous tombons sur quelqu’un d’honnête et d’éclairé, il ne nous imposera pas ses points de vue, ses techniques, ses concepts. Il pourra certes les partager avec nous, mais sans prétendre que c’est LA voie ou LA vérité. Au contraire, il nous invitera, d’une façon ou d’une autre, à retrouver notre indépendance, notre autonomie. Au passage, il pourra cependant partager avec nous des exercices concrets d’éclaircissement, ou pour le dire autrement, nous renvoyer à notre véritable nature. Mais pour cela, il faut que cet « expert » ait lui-même (elle-même) reconnu sa véritable nature, sinon…

La plupart du temps, avec un expert insuffisamment éclairé (qui n’a pas encore reconnu sa véritable nature), ou tout seul, on risque de passer du temps, parfois une vie entière, à se débattre dans un univers mental de croyances non vérifiées, parce que non vues comme des croyances et non mises en question.

L’une de ces façons de se débattre, c’est de volontairement (consciemment ou non) s’attarder dans le psychologique. C’est pénétrer dans un puits sans fond, sans lumière, et qui peut ressembler à un labyrinthe.

Certes, il est impératif, selon moi, de VOIR tous nos modes de fonctionnement sur le vif, en temps réel lorsqu’ils se présentent, même si c’est douloureux et qu’on les trouve peu reluisants voire dégradants ou dévalorisants. Il nous faut voir la peur, la colère, la jalousie, l’inquiétude, la mesquinerie, tout comme il nous faut voir la tranquillité, le plaisir, la joie, la tendresse, etc.

Mais choisir les uns plutôt que les autres est une erreur. S’identifier à ceux qui nous flattent et avoir honte de ceux qui nous abaissent est une faute.

Il nous faut voir que tout cela est régi, gouverné par l’ego et ses innombrables ruses pour demeurer au centre, qu’il occupe illégitimement. Illégitime en premier lieu par refus de se révéler pour ce qu’il est : une fiction sans cesse renouvelée, puis par peur de disparaître et de céder place à ce qui est toujours déjà là… y compris, d’ailleurs, quand l’ego fait son numéro, mais dans ces moments-là, l’ego est l’arbre qui cache la forêt.

Mais la forêt est toujours là, tout comme le silence, la tranquillité, la clarté, la joie.

Alors, avec ou sans l’aide d’un « expert », si nous procédons sincèrement, il nous vient qu’il nous faut trouver comment laisser place à la forêt plutôt qu’à l’arbre qui la cache… sans pour autant avoir besoin d’abattre cet arbre, puisque la forêt est toujours déjà là.

Et c’est un nouveau piège : celui de l’apparente séparation entre l’arbre/ego et la Présence/forêt. Il n’y a aucune séparation, tout juste un voilement, disons une perspective rétrécie momentanément.

En réalité, quand on ne cherche pas à transformer la perspective par la force (de l’ego, évidemment), simplement demeurer tranquille, à l’écoute, suffit largement à restituer une perspective élargie, plus juste au sens qu’elle est équilibrée et non égoïque.

En fait, c’est aussi simple que d’appuyer sur un interrupteur : allumé… éteint. C’est même encore plus simple. Cependant, tant que nous nous prenons pour l’individu, et que donc il y a effort, il peut être nécessaire de se donner sciemment à l’écoute, non impliquée et non réactive.

Un moment viendra où ce geste intérieur se fera spontanément, et il n’y aura plus besoin du moindre effort ni de la moindre pratique, seulement demeurer à l’écoute, sans que celle-ci soit forcée ou contrôlée.

Les amis, quoi que vous ayez pu penser, lire, entendre, ne vous attardez pas sur l’aspect soi-disant négatif des choses. Ne pas s’attarder n’est pas une fuite, au contraire, c’est une retrouvaille et un allégement.

L’écoute accueille tout, absolument tout, mais ne s’attarde sur rien.

Sinon, c’est que nous alimentons l’histoire qu’on se raconte (que l’ego raconte), et tôt ou tard, si vous voulez vraiment en être affranchi, il n’y aura pas d’autre issue que de trancher dans le vif, en un instant : MAINTENANT, le seul instant qui soit à jamais toujours déjà là.

Comme le disait un Pape récemment (parmi bien d’autres, mais j’écris ça le jour de Pâques, alors…) : n’ayez pas peur !

https://www.youtube.com/@marcmarciszewer1667

 

Le dernier ouvrage de Marc : « Rien, c’est encore trop »

 

 

Tags: égo, émotions, lâcher-prise, non-dualité, Présence

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