Les grandes traditions spirituelles ont souvent considéré la Nature comme un Livre qui ne demande qu’à être ouvert et découvert. Je crois que chacun et chacune d’entre nous a été, ne serait-ce qu’au moins une fois dans sa vie, frappé de stupeur devant la beauté et la grandeur de certains paysages : le spectacle d’un coucher de soleil sur la mer ou la profondeur d’un ciel bleu d’été. En dehors de tout sentimentalisme ou romantisme, on a très bien pu pressentir, à un moment ou un autre, à quel point le mystère est présent, imprégnant ce vaste monde jusque dans ses moindres détails.
On sait que la tradition Zen rapporte maints exemples d’hommes et de femmes qui sont parvenus à l’Éveil après avoir été interpellés directement par la nature, que ce soit par une fleur tombant de la branche d’un pêcher ou le « plouf » d’une grenouille sautant dans une mare. Tout peut être signe pour celui qui est à l’écoute mais sans doute l’art de tendre l’oreille est-il l’apprentissage de toute une vie.
Il y a un grand paradoxe : ce que nous cherchons à réaliser est notre propre nature – et par conséquent elle est là en nous-même dès le départ. Mais il y a cette parole qui peut nous inspirer et qui nous rappelle réalistement notre situation : « Il faut un long chemin pour arriver au voyageur ».
La démarche spirituelle n’est pas une simple amélioration de notre condition physique et psychologique. Elle réclame une conversion intime, c’est-à-dire non pas l’adhésion à un dogme quelconque ou à un système de croyances, mais à un engagement plus profond de notre être sur un chemin de transformation intérieure. Ce que l’on appelle « la spiritualité » est ainsi la recherche d’un bonheur et d’une paix qui ne sont plus dépendants des circonstances extérieures.
Si nous regardons en nous-même, nous pouvons reconnaître que c’est vraiment ce à quoi nous aspirons le plus.

Dernier ouvrage d’Eric : Retour à l’innocence primordiale aux éditions L’Originel












