À l’heure où la physique elle-même remet en cause l’existence fondamentale de l’espace, du temps, et du contenu matière-énergie, la notion d’information apparaît comme la source possible depuis laquelle tout apparaît. L’information, de plus en plus considérée comme une grandeur physique, possède en effet la double caractéristique de dire quelque chose du monde et d’être porteuse d’un sens intelligible pour nous. Elle réalise de ce fait l’interface entre les deux aspects du monde que sont l’esprit et la matière. Si nous baignons dans un océan d’information auquel notre conscience donne sens en faisant apparaître notre expérience située de l’ici et maintenant, rien n’empêche cet océan d’exister au-delà de l’espace et du temps, au contraire, puisque c’est de lui qu’ils émergent.
Dans Le Secret de la Vie, nous explorons avec Romuald Leterrier cette possibilité d’un temps « déployé », d’un futur existant mais pouvant se reconfigurer, et d’informations capables de remonter le cours du temps pour provoquer des expériences de prémonition ou de synchronicité. Un « simple » rêve prémonitoire permet de comprendre le principe. Lors du rêve d’un événement qui va se produire, il faut que l’information relative à cet événement soit déjà accessible à notre conscience de rêve. Puis il faut que l’événement advienne réellement pour que le rêve acquiert son caractère prémonitoire. La grille de lecture proposée ici, qui est aussi celle de chamanes qui pré-voient une chasse dans des rêves ou des visions, est que la surprise, voire la sidération provoquée par la constatation de l’événement pré-vu, renvoie l’information de l’événement à rebours de la flèche du temps, jusqu’au moment du rêve. Elle va ainsi in-former le rêve, lui donner son contenu.
La quête de longue vie et d’éternelle jeunesse, qui traverse l’humanité depuis la nuit de temps, a pris la forme moderne du mythe trans ou post-humaniste ; elle s’appuie aussi sur les progrès spectaculaires d’une médecine régénérative pleine de promesses mais qui reste fondée sur une compréhension strictement matérialiste et mécaniste. Une autre voie est possible, qui redécouvre notamment les secrets des alchimistes autant que les savoirs chamaniques. En « intentionnant » un futur désirable dans lequel nous sommes en bonne santé et heureux dans un avenir plus ou moins lointain, nous créons un « attracteur rétrocausal » qui va agir sur notre ligne de temps à travers une forme de guidance, bordée de signes et de synchronicités. Comme l’a montré une étude du chercheur danois Nicklas Brendborg, les octo et nonagénaires qui ont désiré fortement « voir » l’an 2000 ont vécu statistiquement plus longtemps que le même groupe d’âge lors des décennies précédentes, puis leur taux de mortalité a brutalement augmenté juste après le passage de ce cap symbolique. L’an 2000 était leur attracteur…
« Augmenter » sa vie, aux plans quantitatif et qualitatif, devient alors à portée d’intention car il « suffit » pour cela de s’extraire consciemment de la trame d’espace-temps qui ne correspond de toute façon qu’à l’apparence, à l’apparaître des choses.
Le titre du livre, dont l’ambition peut paraître démesurée, est assumé et justifié par le fait que nous proposons des réflexions entièrement originales et nourries par des travaux largement méconnus venant de plusieurs disciplines, présentés clairement et sans jargon. Il ne s’agit pas non plus d’une analyse purement théorique puisque la dimension expérientielle est convoquée et que les lecteurs sont invités à mettre à l’épreuve les propositions avancées, non pas dans un but de développement personnel mais bien d’épanouissement transpersonnel.
Jocelin Morisson
Journaliste, auteur et conférencier













