L’ignorance de notre vraie nature fait vivre beaucoup d’entre nous dans une peur fondamentale : nous nous voyons comme une petite chose menacée dans un univers indifférent et chaotique, et qui finira par mourir. Nous cherchons alors sans répit à nous sécuriser artificiellement : fixations émotionnelles, théories rassurantes, recherche d’excitations continuelles… d’où un stress incessant. La vie se résume à se protéger sans cesse anxieusement sachant que la mort, vue comme la défaite finale, arrivera inéluctablement.
Mais ironiquement, chercher sans cesse à se sécuriser, cela même constitue l’insécurité fondamentale !
Avez-vous vraiment envie d’une vie pareille ?
Heureusement, ceci n’est pas la vie ; c’est juste la façon dont beaucoup la conçoivent. Il est possible d’inverser les choses : C’est le courage de l’éveil.
L’assise en méditation est le premier acte de courage : nous nous arrêtons de courir après la sécurisation. Nous nous posons. Nous assumons pleinement notre condition, nous observons et accueillons les phénomènes de notre existence (sensations corporelles, émotions, perceptions) en cessant de lutter contre eux, en nous dispensant de les interpréter ou de les modifier. En cessant la lutte (c’est le véritable sens du lâcher prise), en demeurant inaltéré, nous découvrons un bonheur différent, à la fois moins clinquant et plus profond. C’est le bonheur d’être, le bonheur de la présence dans l’instant.
Auparavant, terrifiés par la nuit, nous nous aveuglions mutuellement en nous braquant les faisceaux de nos lampes torches à la figure ; maintenant, l’aube commence à se lever, rendant toute cette agitation inutile.
Progressivement, l’aurore survient, puis le soleil se lève : nos actions ne sont plus motivées par l’angoisse et la sécurisation, mais elles deviennent l’expression de la joie et de l’amour qui jaillissent continuellement de cette source inépuisable, notre vraie nature. Une vraie confiance émerge alors ; nous n’avons plus peur des changements, nous pouvons couler avec la rivière plutôt que de lui résister et de nous accrocher désespérément aux rochers. Même les difficultés n’engendrent plus de blocages obstinés ; ils deviennent une source d’évolution.
On cesse de se préoccuper de la pile de notre lampe torche, la durée de notre vie, puisque la nuit a fait place au jour.
Notre esprit et notre cœur y voient clair.












