J’ai longtemps cherché un mot pour décrire la tension qui m’habite : ce tiraillement entre la militante et la mystique, entre la femme en colère et celle qui médite. Il m’a fallu des années pour comprendre que ces deux parts n’étaient pas contradictoires, mais qu’elles se complétaient.
Le féminisme n’est pas uniquement un combat social : c’est aussi une quête — parfois une reconquête — de son corps, de sa parole et de son âme. Et la spiritualité, quand elle ignore les rapports de pouvoir qui traversent nos corps, nos histoires et nos lignées de femmes, devient abstraite, désincarnée. Entre ces deux pôles, j’ai choisi de tracer ma propre route : un féminisme spirituel, indocile et incarné.
Je parle de féminin sauvage, parce qu’il n’appartient à personne. Il ne correspond à aucune image ni à aucun rôle. Il se cherche, se défait, se réinvente sans cesse. Et il n’a rien à voir avec les clichés du féminin sacré, où l’on enferme la femme dans des postures de douceur ou de guérison, souvent présentées comme universelles. Le féminin sauvage est vivant, incontrôlable, profondément libre.
Les groupes spirituels où les femmes sont guidées par des hommes m’ont souvent donné un sentiment de malaise. Comment un homme pourrait-il jamais comprendre ce que signifie naître et renaître en tant que femme cyclique et menstruée ? J’ai cherché d’autres voix : celles de femmes inspirées, issues de traditions et d’horizons différents, capables de partager leurs expériences, leurs chemins. Les trouver a pris des années. Les filmer, c’était apprendre et transmettre à la fois.
En tant que cinéaste, cette recherche de liberté exige de convertir mon regard. Le « female gaze » n’est pas un simple point de vue féminin : c’est une manière d’épouser le réel sans le dominer. La caméra peut capturer et posséder, ou accueillir et relier. Je choisis la communion.
Mon film « Wild Women » (documentaire, 90mn, 2022) est le manifeste de cette démarche : dix ans de rencontres, de silence, d’intuition, de résistance et de célébration. Ici, le féminisme ne se mesure pas en slogans, mais en intensité et en expérience vécue.
Être femme et spirituelle aujourd’hui, ce n’est pas suivre des modèles imposés. C’est inventer son chemin, le tordre, le réinventer, s’y brûler et s’y retrouver. C’est oser être à la fois rage et prière, colère et émerveillement, militante et mystique. C’est retrouver le féminin sauvage en soi et l’honorer, sans jamais le réduire.
« Wild Women » existe pour cela : pour inviter à ressentir plutôt qu’à conceptualiser, à travers les voix de femmes libres et incarnées. Je vous invite à vivre ce chemin avec nous le 26 novembre, lors de la projection de clôture. Venez voir, écouter, ressentir — et peut-être retrouver, vous aussi, votre féminin sauvage.
Être Plus soutient Wild Women 🌿
Nous sommes heureux de soutenir ce documentaire magnifique et chargé de sens, fruit de dix années d’exploration du féminin sauvage et de la liberté intérieure.
Au-delà d’un film, Wild Women est un voyage initiatique, une œuvre qui relie la spiritualité, la création et la puissance du vivant.
Nous invitons chaleureusement nos lectrices et lecteurs à assister à cette projection de clôture symbolique, même si vous avez déjà vu le film : votre présence sera un geste de soutien à la création belge, mais aussi à notre humanité commune.
🎬 Projection de clôture – 26 novembre 2025 – Pathé Louvain-la-Neuve
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