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Fatigue estivale : quand l’été épuise au lieu de ressourcer

Résumé – Pour les plus pressés

Alors que l’été est censé revitaliser, beaucoup ressentent paradoxalement une fatigue estivale : sommeil moins réparateur, irritabilité, manque d’énergie. Ces symptômes s’expliquent par les dérèglements du rythme biologique, un stress sous-jacent persistant et des carences micronutritionnelles. Cet article décrypte les causes et propose des pistes naturelles et scientifiquement validées pour retrouver énergie et équilibre durant la saison chaude.


Pourquoi l’été peut fatiguer

Quand on pense à l’été, on imagine repos, vacances, longues journées lumineuses, moments partagés. Pourtant, une part croissante de la population témoigne d’une forme de fatigue inhabituelle à cette saison. Ce constat est étayé par une étude menée en France par l’IFOP (2022) indiquant que près d’un tiers des actifs se sentent plus fatigués en été qu’en hiver, notamment en raison de la chaleur, du manque de récupération et des changements de rythme¹³.

Ce phénomène, qu’on peut qualifier de fatigue estivale, se manifeste par :

  • un sommeil peu réparateur malgré des nuits plus longues,
  • de l’irritabilité, une nervosité diffuse ou un état de tension intérieure,
  • une baisse de motivation ou d’énergie,
  • une sensation de décalage, d’être vidé ou submergé sans raison claire.

À rebours des clichés, cette période de l’année peut ainsi révéler ou amplifier un stress latent, voire accentuer un déséquilibre nerveux déjà installé. Plusieurs facteurs physiologiques, psychologiques et environnementaux peuvent expliquer ce paradoxe saisonnier :

La chaleur et ses effets sur le sommeil

La chaleur excessive nuit au sommeil profond et induit des micro-éveils nocturnes, affectant le cycle circadien et la récupération physique et mentale¹. De plus, elle favorise la déshydratation, altérant les fonctions cognitives et la vigilance².

Une stimulation sensorielle permanente

Sorties tardives, bruit urbain, lumière bleue, interactions sociales prolongées : tous ces éléments activent durablement le système nerveux sympathique, empêchant le retour au calme profond et durable³.

Des rythmes biologiques déréglés

Entre les déplacements, les horaires irréguliers et les sollicitations accrues, l’horloge biologique se désynchronise. Ce dérèglement impacte directement la production de mélatonine, l’endormissement et l’humeur⁴.

Un stress latent qui ne prend pas de vacances

Même en congé, nombre de personnes portent encore les traces d’un stress chronique accumulé. L’incertitude économique, les tensions relationnelles ou les préoccupations existentielles favorisent une hyperactivité de l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien), maintenant un niveau élevé de cortisol⁵.

Fatigue nerveuse : comment la prévenir naturellement ?

Rétablir des routines régulières

Les neurosciences chronobiologiques confirment qu’une routine stable (heure de lever, de coucher, repas) favorise la sécrétion rythmée des hormones du sommeil, comme la mélatonine⁶. En été, la lumière naturelle peut aider à recaler l’horloge interne si elle est bien utilisée : exposition au soleil le matin, évitement des écrans le soir.

Privilégier le mouvement doux et régulier

L’activité physique modérée stimule la libération d’endorphines, diminue le niveau de cortisol et améliore la qualité du sommeil. Une étude de 2023 a montré qu’une simple marche de 30 minutes, pratiquée 5 jours par semaine, réduit significativement les scores de stress perçu⁷.

Des pauses conscientes pour restaurer le calme

Quelques minutes de respiration lente, de pleine conscience ou de méditation suffisent à activer le nerf vague, qui joue un rôle central dans la bascule vers le système parasympathique (repos et digestion)⁸. Cela permet un ralentissement physiologique bénéfique à l’homéostasie générale.

Un soutien ciblé par la micronutrition

De nombreuses études confirment l’impact du stress chronique sur l’épuisement des réserves en magnésium, vitamines B, et antioxydants. Un soutien adapté peut prévenir les effets délétères de la fatigue estivale sur le plan physique, cognitif et émotionnel.

Magnésium (bisglycinate ou taurinate)

Ces formes sont hautement assimilables. Le magnésium intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques, notamment la transmission nerveuse et la relaxation musculaire. Une méta-analyse récente confirme son effet positif sur le sommeil et la variabilité de la fréquence cardiaque⁹.

Vitamines B6, B9, B12 actives

Ces vitamines soutiennent la synthèse de neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et le GABA, essentiels à la régulation de l’humeur et du stress¹⁰. Leur forme active (P-5-P, méthylfolate, méthylcobalamine) améliore leur efficacité métabolique.

Ashwagandha (Withania somnifera)

Plante adaptogène majeure, l’ashwagandha est validée par plusieurs essais cliniques pour sa capacité à réduire le stress perçu, améliorer le sommeil et réguler le cortisol. Une revue systématique de 2024 conclut à une efficacité notable dès 4 à 8 semaines¹¹.

SOD (Superoxyde Dismutase)

Cet antioxydant enzymatique, présent notamment dans le melon, protège les cellules nerveuses du stress oxydatif. Une étude menée sur des adultes stressés montre une baisse significative des marqueurs inflammatoires après 30 jours de supplémentation¹².

Des alternatives naturelles sans ces composants existent également (infusions, huiles essentielles, techniques corporelles, etc.), mais leur spectre d’action et leur niveau de preuve varient fortement.

Réapprendre à se ressourcer vraiment

Loin d’être un caprice, la fatigue estivale est souvent le reflet d’un déséquilibre profond entre agitation extérieure et besoins internes. Plutôt que de chercher à remplir son temps libre, il peut être plus juste de l’utiliser pour :

  • restaurer des rythmes biologiques stables,
  • offrir au corps un soutien naturel ciblé,
  • redonner au système nerveux les conditions de sa régénération.

Avec l’appui de pratiques simples, d’un mode de vie ajusté et de ressources validées scientifiquement, l’été peut redevenir un véritable sas de réparation et de recentrage.

Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de fatigue persistante ou de symptômes inhabituels, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.

Bel été à toutes et tous !

 

La rédaction d’Être Plus

 

Références :

  1. Okamoto‑Mizuno & Mizuno. J Physiol Anthropol, 2012;31(1):14.
  2. Schlader ZJ, et al. Auton Neurosci. 2019;218:51–58.
  3. Thayer & Lane. Neurosci Biobehav Rev, 2009;33(2):81–88.
  4. Roenneberg & Merrow. Curr Biol, 2016;26(10):R432–R445.
  5. McEwen BS. Physiol Rev, 2007;87(3):873–904.
  6. Czeisler CA, Gooley JJ. Cold Spring Harb Symp Quant Biol, 2007;72:579–597.
  7. Kim SY, et al. J Affect Disord, 2023;318:106–112.
  8. Porges SW. The polyvagal theory. Norton, 2011.
  9. Botturi A, et al. Nutrients, 2020;12:1661.
  10. Kennedy DO. Nutrients, 2016;8(2):68.
  11. Lopresti AL, et al. J Clin Med, 2024;13(1):210.
  12. Carillon J, et al. Oxid Med Cell Longev, 2013;2013:650925.
  13. IFOP. Enquête “Bien-être et rythmes de vie estivaux”, juillet 2022.

 

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