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L’écoute non impliquée est simple

Un jour, un adulte se moqua d’un enfant qui venait de dire que Dieu était partout et en tout :

« Je te donne dix euros si tu me montres où est Dieu », s’esclaffa-t-il fièrement.

L’enfant rétorqua du tac-au -tac : « Et moi je vous en donne mille si vous me montrez où Il n’est pas »

Remplacez le mot « Dieu » par « écoute non impliquée », et vous obtenez ce que je veux vous présenter aujourd’hui.

Oui, quelqu’un pourrait demander où donc se situe cette écoute non impliquée, et comme l’enfant, je lui répondrais qu’elle est toujours disponible et partout, en chaque être humain.

L’écoute non impliquée est cette ressource qui nous est commune, mais que beaucoup ignorent ou négligent.

Mais plutôt que de philosopher sur ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas, je préfère que nous entrions dans le vif du sujet :

La voix intérieure

L’écoute non impliquée consiste simplement à ne pas accorder de crédit à cette voix intérieure qui est sans cesse, ou presque, en train de commenter, évaluer, comparer, juger, analyser, critiquer tout ce qui se présente à nous : pensées, sensations, émotions, sentiments, images et représentations, le chant du monde, et tout ce que j’ai pu omettre.

Je pars du constat que c’est parce que nous écoutons cette voix et la prenons au sérieux, que d’une part, nous sommes insatisfaits, en proie à divers tourments, d’autre part que nous ne reconnaissons pas (encore) notre véritable nature, pourtant toujours déjà là et si simple que nos esprits compliqués passent à côté.

Pour autant, il ne s’agit pas de faire taire cette voix, surtout pas !

Il s’agit uniquement de l’entendre, mais de ne pas lui accorder de crédit, de ne pas la prendre au sérieux.

D’ailleurs, dans notre expérience quotidienne, nous voyons bien combien cette voix nous fatigue et nous agace. Elle donne l’impression d’être le cheveu dans la soupe, et de fait, elle est plutôt l’arbre qui cache la forêt.

L’arbre de l’ego limité, le petit moi (et ce n’est pas péjoratif, c’est juste reconnaître qu’il est limité), et la forêt de la Conscience ou de la Présence, immuable (on s’en rend compte dès qu’on en fait l’expérience, illimitée, sans forme et sans couleur, et paradoxalement toujours déjà là et le fondement même de notre être, son substrat.)

La Présence

Alors, pourquoi pas tenter d’explorer cette simple possibilité (ce qui ne veut pas dire facile, tant nous sommes champions en freins, résistances, alibis, justifications, fausses croyances, analyses plus ou moins tordues, toutes provenant de ce hôte indispensable mais un brin encombrant quand on le laisse croire qu’il est le maître de maison : le mental, moi-je) ?

Ainsi, vous pouvez vous asseoir tranquillement, aussi détendu que possible sans forcer, sans vous focaliser sur quoi que ce soit d’observable (ni votre corps, ni votre mental, etc.) mais plutôt en vous reposant, d’une certaine manière, dans l’espace ouvert de la Présence, là où on se sait observer sans que ce soit « moi » qui observe. Bien au contraire, de là, on voit « moi » intervenir, et on a alors la possibilité de ne pas l’alimenter : on ne le laisse pas nous embarquer, mais on ne tente pas non plus de l’évacuer. On se contente de l’observer, et il se dissout sous nos yeux. Avant de resurgir, évidemment ! Et on recommence, inlassablement, jusqu’à ce qu’on réalise que nous ne sommes pas ce « moi », mais cela qui l’observe dans ses moindres mouvements, pour peu qu’on y soit attentif.

Les sensations corporelles

Si cette option vous semble trop difficile en raison d’un éventuel assaut de pensées (le mental ne lâche pas sa position de squatter privilégié comme ça !), vous pouvez opter pour l’observation des sensations corporelles, sans vous fixer sur aucune, et sans vous fixer dans aucune région du corps. Juste ressentir les sensations, puis, vous retourner vers cet espace de Présence au sein duquel ces sensations surgissent, durent un moment, puis disparaissent. Là aussi, plus ou moins rapidement, on réalise que ces sensations ne sont pas du tout ce qu’on croyait : en dépit des apparences, elles ne sont pas solides et sont plutôt éphémères. En réalité, elles sont vides et impermanentes, bien que quand nous avons mal quelque part, on a vraiment l’impression de sensations denses et durables !

D’ailleurs, si on veut s’y prêter loyalement, en observant une sensation dans une zone donnée du corps, on découvre qu’on passe de la solidité à un flux de vibrations plus ou moins vite. C’est uniquement parce que notre attention n’est pas suffisamment aiguisée, ou libérée, qu’on demeure captifs de la périphérie, de la surface.

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Au moment même où j’écris ces lignes, je suis sujet à un abcès dentaire, avec gonflement de la bouche et du palais, et le fait est que si je m’en tiens à la perception familière à l’individu « moi-je », c’est pénible, et je pourrais entendre la voix geignarde du mental « oh, ça fait mal… combien de temps ça va durer, etc. » Au lieu de cela, ces sensations (oublions le mot « douleur » qui précisément crée douleur, résistance et anxiété) se présentent au sein de l’espace infiniment ouvert, et il y a une certaine félicité à les observer : elles ne sont pas moi !

Bien sûr, ça ne m’empêche pas de prendre des antibiotiques pour dégonfler en attendant un rendez-vous chez le dentiste, ce n’est pas du déni ni de l’idiotie.

 

Voilà : juste ne pas croire la voix du mental ni celle des sensations. Juste être.

 

À bientôt, amicalement,

https://www.youtube.com/@marcmarciszewer1667

https://www.babelio.com/auteur/Marc-Marciszewer/498186/bibliographie

Dernier ouvrage de Marc :

Tags: Conscience, écoute non impliquée, non-dualité, observer le mental, Présence

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