Former une communauté de pèlerins qui partent sur les chemins pour incarner cette parole de Gandhi, c’est le sens de ce pèlerinage de la paix :
Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. Gandhi
Les pèlerins de la paix ont fait leurs premiers pas sur la Via Arduina, dans les Ardennes belges en octobre dernier. Le 1er mai de cette année, ils s’élanceront depuis l’Abbaye d’Orval pour cheminer vers Sarajevo. 2000km et 4 mois de marche. L’année d’après, ils reprendront le chemin vers l’Est : l’Ukraine et puis un jour, Jérusalem, la ville symbole de la paix meurtrie.
Quelle est cette paix que ces pèlerins chercheront de leurs pas ? La paix dans leurs cœurs d’abord. Dans leur familles. Dans leurs villes. Leurs pays. La paix entre les peuples. Entre les religions. Et, aussi, peut-être surtout, la paix avec la nature.
Temps sombres
Quand le mensonge sera érigé en vertu, quand la violence et la cupidité régneront, alors ce sera le Kali Yuga. Mahàbhàrata, livre 3, Vana Prava ; 188.31
L’humanité traverse des temps sombres. L’être humain détruit de façon suicidaire son environnement naturel qui est sa source de vie. La matérialisme, l’individualisme, la crispation identitaire, le règne de la loi du plus fort semblent aujourd’hui dominer les relations entre les êtres humains.
La situation de notre monde actuel fait écho à certains textes traditionels anciens qui voient ces temps de souffrances et d’épreuves comme des traversées vers une conscience nouvelle.
Un acte de Vie
J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisis la vie et tu vivras. Deutéronome 30,19
Marcher ensemble sur un chemin de paix dans notre monde fracturé est un acte de Vie. Un acte de résistance poétique. Être une communauté de femmes et d’hommes debout, marchant vers l’Orient, ouverts au monde et à ce qui les dépassent, c’est poser un acte symbolique, qui va à rebours de la peur, de l’accablement et du découragement que peuvent susciter la situation actuelle de notre monde.
Par cet acte, les pèlerins de la paix rejoignent la communauté grandissante de ceux qui, de par le monde, se veulent acteurs, à leur mesure, d’un réveil et d’une transformation profonde de l’humanité
Un chemin initiatique
Lève-toi, prends ton grabat et marche. Jean 5,8
Toutes les grandes traditions spirituelles invitent les êtres humains à se mettre en marche. Le pèlerinage se pratique partout sur la terre depuis des millénaires. Suspendant l’espace-temps du quotidien, ils se font fille ou fils de l’Instant et se mettent en marche vers un lieu où, mystérieusement, leurs cœurs les portent.
Le pèlerinage de la paix s’inscrit dans la lignée de cette pratique ancestrale. Il est d’abord un acte initiatique personnel et singulier. C’est un chemin de connaissance de soi par lequel chaque pèlerine, chaque pèlerin est invité à remonter vers la source de la Vie en elle, en lui. C’est une quête de la paix intérieure, premier pas vers cette paix partagée à laquelle ils aspirent.
Une communauté plurielle de pèlerins de paix
Unis dans la diversité. Devise de l’Union Européenne inspirée d’une parole de Gandhi
Ce pèlerinage est surtout un acte communautaire, une aventure collective. La communauté des pèlerins est ouverte et plurielle. Elle est vécue comme un espace d’expérience de la paix en mouvement.
La communauté donne de la force à l’ intention commune. Elle est aussi un lieu d’inspiration, d’encouragement, de soutien et de guérison. Elle aspire à être un témoin de paix vivante.
Rencontrer, chanter, veiller
C’est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde et avec moi-même. Nelson Mandela
La communauté des pèlerines et des pèlerins de paix marchera à la rencontre des gens dans les villages et les villes des pays qu’elle traversera. Elle se reliera à eux par le langage universel du chant, de la musique et de la danse. Elle cherchera à rencontrer des communautés porteuses de changement, des serviteurs de la paix et des artisans de la guérison du monde.
Elle se recueillera sur des lieux de mémoires. Elle se souviendra des traumatismes collectifs. Elle prendra soins des blessures toujours ouvertes par les guerres du passé et celles d’aujourd’hui, en écoutant, en méditant, en chantant ou en posant des actes symboliques.
Célébrer la beauté du vivant et prendre soin de la Terre.
Ne marche pas sur la terre avec insolence. Extrait du verset 17,37 du Coran
Les pèlerines et les pèlerins de la communauté se mettront à l’écoute en elles, en eux de l’écho des souffrances de la Terre, pour reprendre les mots de Thich Nhat Hanh. Ils veilleront là où la nature souffre.
Partout où ils le pourront, par la douceur de leur pas, par leurs actes de soins, ils participeront, tels des colibris, à la guérison et à l’embellissement de la Terre.
Les animaux, les arbres, les fleurs et les plantes seront leurs compagnes et compagnons de chemin. Ce pèlerinage est une façon de contribuer à restaurer le lien sacré avec cette nature dont nous faisons partie.

Nikita Stampa
* Si vous voulez en savoir plus sur ce pèlerinage de la paix :
- visiter le site https://www.pelerinsdelapaix.com/
- et venez voir le film « Pèlerins de la paix », le mercredi 15 avril à l’UOPC à Bruxelles.












