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L’état et l’avenir du monde humain.

Propos liminaire

L’auteur a choisi d’adopter un ton volontairement tranché, quitte à forcer le trait, laissant en arrière-plan les ressources porteuses d’avenir brièvement évoquées dans sa conclusion. Ces propos ne prétendent pas décrire chaque réalité locale, mais visent à révéler des évolutions de fond qui traversent les grands ensembles géopolitiques. Le texte propose ainsi une grille de lecture qui éclaire certaines tendances lourdes de notre époque, tout en ouvrant une perspective philosophique et spirituelle : celle de la fin d’un cycle civilisationnel et de l’émergence possible d’un nouveau paradigme, orienté vers plus de conscience, d’autonomie et d’éthique partagée.

La rédaction Être Plus


Les huit continents qui forment le monde humain, sont en train d’évoluer au pas de charge au sein d’une vaste période chaotique … donc dangereux. L’article ci-dessous tente d’en faire une photographie générale.

 

Le Sinoland est en train de faire basculer le monde en méprisant les ambitions de suprématie militaro-financière (du type de celles de l’Américoland et de l’Islamiland), en vue d’établir une suprématie mondiale technologico-économique faisant foin de toute considération politico-idéologique.

Accaparer tous les marchés du futur dès à présent, et former les meilleurs ingénieurs de demain, tout en maîtrisant drastiquement mais finement les miettes financières destinées au bas peuple.

 

Le Russoland est exsangue, tant en termes de ressources matérielles (épuisement des gisements, décroissance économique, fermeture des marchés, boycott des produits, …) qu’en termes de ressources humaines (population vieillissante, décimée et opprimée).

Le Russoland de Poutine est un moribond dont les derniers soubresauts, alimentés de l’énergie du désespoir, peuvent être catastrophiques et dévastateurs pour le reste du monde, en général, et l’Euroland en particulier.

 

Le Latinoland et l’Afroland sont continents corrompus à la moelle, ne survivant, plus ou moins chichement (sauf pour les élites des gangs au pouvoir), que de trafics et contrebandes en tous genres. Leurs fonds de commerce sont constitués de tout ce qui est illicite mais vendable : les drogues et autres poisons chimiques de toutes espèces, sous toutes les formes, les espèces animales et végétales rares, les minéraux précieux, les femmes et les enfants sexuellement « désirables », les néo-esclaves, les faux de tout et n’importe quoi, les passe-droits, les paradis fiscaux, les planques, etc …

 

L’Islamiland se sent acculé, donc capable du pire comme du meilleur à court terme. Il vit largement de ses marchés d’hydrocarbures dont les fortunes, accaparées, servent tantôt à nourrir des conflits ou des paradis fiscaux, tantôt à moderniser villes et infrastructures. Ses populations, prises entre frustrations et archaïsmes — machisme, dogmatisme, clientélisme —, restent marquées par une religiosité pesante qui, selon les pays, va de pratiques sociales conservatrices jusqu’à l’application stricte d’une charia pas nécessairement librement consentie. Mais partout cohabitent aussi culture, expertise et sens critique, avec une jeunesse avide d’ouverture et de renouveau. De plus la grande majorité des musulmans vivant hors de l’Islamiland, notamment en Europe, sont intégrés dans la société et opposés aux dérives extrémistes qui trahissent leur foi.

Pourtant, certains régimes islamistes exploitent ces dérives et risquent d’entraîner l’ensemble du monde musulman dans l’abîme.

 

L’Euroland ne parvient pas à se construire et reste empêtré dans ses archaïsmes nationalistes, étatistes, fonctionnaristes et socialo-incantatoires.

Il reste le berceau de belles germinations scientifiques et technologiques dont les rameaux sont bien vite accaparés par l’Américanoland et le Sinoland.

Le fond de l’air exhale la nostalgie toxique d’un « humanisme » et d’un « démocratisme » désuets ; l’Euroland ne parvient pas à accepter la fin de la Modernité qui a été son fer de lance pendant cinq siècles. La période chaotique que suit l’effondrement de cette Modernité dépassée, se digère ailleurs et engendre de nouveaux paradigmes (certains durables et enviables, d’autres détestables et transitoires), mais par chez lui où la nostalgie et le chaos médiatico-politique induisent une forme de délectation morose, surtout chez les plus jeunes.

 

L’Américanoland connaît, comme tous les autres continents, l’effondrement de la Modernité, mais croît pouvoir continuer encore longtemps sur sa lancée de plus puissante nation du monde tant militairement que financièrement.

Mais tout indique que l’Américanoland s’effrite aussi vite que le niveau culturel de sa jeunesse, même (et surtout) universitaire.

La parade : Trump et le protectionnisme agressif tant militaire qu’économique, le repli sur soi, la mutation des alliances en allégeances, le suprémacisme, l’ostracisme, le nombrilisme, le mépris du reste du monde censé obéir aux injonctions « capitolesques », au doigt et à l’œil.

Bref : un déclin irréversible, mais lent grâce aux immenses réserves accumulées et au refus de voir l’effritement et la pénurisation de tous les gisements de richesse. Une fuite en avant mais dans le court terme … avec tout ce que cela représente de dangers pour le reste du monde.

 

L’Indoland ne sait pas encore très bien sur quel pied danser … Un continent cerné par l’Islamiland à l’ouest, le Sinoland à l’est, le Russoland au nord et l’Américanoland au sud. Un continent déchiré entre l’idéalisme spirituel de l’échappée hors du monde par le haut, et le réalisme d’une précarité économique et financière tendant à l’appauvrissement généralisé.

La seule véritable alliance possible et positive serait avec l’Euroland … mais la distance (pas seulement géographique, mais surtout culturelle) qui les sépare est énorme.

 

Conclusion …

Nous sommes encore pour quelques années, dans la période chaotique qui suit l’effondrement de l’ère messianique et du paradigme de la Modernité, et qui précède l’émergence de l’ère de l’eudémonisme et du paradigme de la noéticité.

Il reste encore quelques années, devant nous, avant de connaître l’issue de cette grande et profonde crise de civilisation comme il en arrive une tous les 1650 ans en moyenne (fin de l’Antiquité et du mythologisme, puis fin de la Modernité et du messianisme).

Quelle sera cette issue ? Comment se dissiperont les surtensions accumulées ces derniers siècles ?

Ce pourrait être la fin de l’humanité par embrasement général, ou par embrasements partiels successifs.

Ce pourrait être un isolationnisme radical de chacun des continents.

Ce pourrait être un apaisement relatif et précaire au travers de compromis, alliances et traités intercontinentaux.

Ce pourrait être l’émergence – que je souhaite de tout cœur –  d’une nouvelle civilisation humaine et mondiale, d’un niveau de complexité supérieur où le monde devient un réseau de continents autonomes mais porteurs d’un même vaste projet commun, et où chaque continent devient un réseau fondé sur une éthique commune de régions sociéto-écologico-économiquement autonomes.

 

http://www.noetique.eu/

Tags: avenir de l’humanité, cycles civilisationnels, géopolitique mondiale, modernité en crise

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Marc Halévy est un physicien de la complexité (longtemps chercheur auprès du prix Nobel Ilya Prigogine) et un philosophe de la spiritualité. Depuis quarante ans, il élabore des théories, modèles et méthodes pour les processus complexes et les applique aux systèmes socioéconomiques humains, notamment dans le cadre de ses activités de prospectiviste renommé. Il est l'auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages de prospective, spiritualité et philosophie. Il a fait ses études à l'école polytechnique de Bruxelles avec une spécialisation en physique nucléaire. En 1973, il devient élève d'Ilya Prigogine, prix Nobel 1977, grâce auquel il commence sa contribution au développement théorique de la physique des systèmes et processus complexes, discipline qu’il applique plus spécifiquement aux univers de la prospective, de l’économie et du management. En parallèle, il mena des études de MBA et en philosophie et histoire des religions. Après 1982, il a, par ailleurs, exercé la profession de manager de crise lors de nombreuses missions s'étalant sur plus de dix ans. Jusqu'en 1993, il a passé la majeure partie de sa vie aux USA. Aujourd'hui en France, où il a publié son "Testament scientifique : le paradigme des processus complexes", il anime de nombreux séminaires et conférences. Mots-clés : complexité - noétique - management - prospective - systémique - spiritualités
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