Récemment, nous bavardions, mon ami José et moi, en sirotant un café, et nous avons abordé la question des difficultés que certaines personnes disent rencontrer dans leur recherche (de leur vraie nature), notamment parce qu’ils se disent envahis de pensées ou d’émotions.
José, en fonction des personnes et du moment, dispose de toute une batterie de ressources dont la plupart lui viennent de Douglas Harding, son maître et ami ; ressources qu’il a évidemment pu tester en lui-même et par lui-même au cours des dernières décennies, mais qu’il a aussi pu tester sur un grand nombre de participants aux stages de Vision Sans Tête qu’il conduit depuis déjà longtemps.
Pour ma part, j’invite essentiellement à ne pas s’occuper des pensées et des émotions, ce qui ne signifie pas que je propose qu’on les glisse sous le tapis, mais qu’on ne leur accorde pas une attention démesurée, autrement dit une attention spoliée par « moi-je ».
Mais finalement, je me heurte aux mêmes difficultés que tous ceux qui partagent : certaines personnes sont tellement identifiées à leurs pensées et leurs émotions que ma simple recommandation ne suffit pas, ces personnes ne peuvent pas se désintéresser, fût-ce partiellement, de leurs pensées et émotions. En fait, ces personnes sont convaincues d’être « moi-je », le corps, le mental et toutes les histoires qu’elles se racontent.
Alors, pour ces personnes, je peux inviter à simplement accompagner la respiration telle qu’elle est, sans chercher à la modifier d’aucune façon.
Accompagner la respiration, ici, c’est RESSENTIR le souffle qui va et vient, RESSENTIR les mouvements de l’abdomen, etc…
C’est s’oublier (en tant que « moi-je ») dans le souffle…
Malgré l’efficacité avérée de cette « technique », certains continuent de PENSER leur respiration au lieu de la RESSENTIR. Donc, ils ne peuvent pas s’oublier simplement dans le souffle qui va et vient.
Je peux alors leur suggérer de se brancher sur le SON du souffle qui va et vient, mais aussi le SON lors des deux pauses : après l’inspir, et après l’expir.
Le son a cette puissance douce de captiver l’attention sans effort à fournir…
Une fois qu’on entend puis qu’on écoute le son du souffle, le son peut prendre beaucoup de place, jusqu’à emplir l’espace d’écoute, de présence.
Il demeure un objet d’attention, d’écoute, mais il sera assez aisé de le laisser basculer vers son origine, l’espace au sein duquel le son apparaît et disparaît.
Alors, j’inviterai à se connecter à cet espace, sans effort, sans y penser…
Et cet espace, que je nomme souvent Espace Infiniment Ouvert, c’est notre véritable nature.
Parfois, j’invite également à écouter les sensations, sans y réagir, c’est-à-dire sans les interpréter ou les analyser, sans faire de commentaires à leur sujet, donc, sans histoire : simple écoute non impliquée des sensations.
Cela peut conduire à percevoir son corps comme rarement (à moins de naturellement et spontanément y être sensible), à la fois plus vivant et plus intense, mais aussi, paradoxalement, le découvrir vide, vacant, transparent, lumineux, sans forme, à un niveau de perception plus fin que le niveau « habituel », souvent superficiel et surfaciel.
Le risque est de s’attacher à cette exploration passionnante de son propre corps, qui de plus, est un miroir fidèle de notre fonctionnement mental : tout s’y reflète.
C’est le moment, là aussi, de retourner l’attention des sensations vers leur source, cet espace ouvert au sein duquel elles se déploient, puis s’établir, pour ainsi dire, dans cet espace et en tant que cet espace.
Je ne veux pas ici insister sur les effets de cette attention portée à la respiration, au son, ou aux sensations, j’y reviendrai peut-être une prochaine fois.
Pourquoi je ne m’y attarde pas aujourd’hui ? parce que je veux juste pointer directement vers l’essentiel : reconnaître notre véritable nature, et y revenir aussi souvent que nécessaire… s’y établir en quelque sorte, même s’il serait plus juste de dire s’y « rétablir », car c’est notre unique véritable foyer, bien qu’il ne soit pas à proprement parler localisable.
Mais les amis, si vous pouvez tout simplement ne pas vous impliquer dans les pensées, les sensations, les images, les histoires, le chant du monde, vous retrouvez IMMÉDIATEMENT votre foyer, qui est CE Que Vous Êtes vraiment.
Il suffit de ne pas alimenter ce qu’on croit être des difficultés ou des obstacles : cela n’existe que par le carburant que « moi-je » fournit de moment en moment, mais qu’on peut couper ou éteindre à chaque instant.
Quel soulagement !

https://www.youtube.com/@marcmarciszewer1667











